vendredi , 15 décembre 2017

L’intégration culturelle dans un contexte de mobilité internationale

L’intégration est un défi pour l’expatrié et sa famille, comme le confirme le tableau ci-dessous, où l’on a interrogé les expatriés sur ce que sont, à leur avis, les principaux défis de la mobilité internationale.
Defis_expats
L’intégration personnelle passe par la socialisation et les contacts avec les nationaux hôtes dans et hors du cadre du travail. Parfois, l’employé nouvellement arrivé a du mal à s’intégrer à sa société d’accueil à cause de ce que l’on appelle communément, le « choc culturel ».

Choc culturel, késaco ?

La réaction à une nouvelle culture est un choc, en partie à cause des changements massifs et inattendus dans la vie de l’individu, véritable « bombardement » de nouveautés, et en partie parce que les différences remettent en question ses propres valeurs culturelles. L’anthropologue K.Oberg, qui a été le premier à utiliser l’expression «choc culturel» pour définir ce phénomène, explique :  » Le choc culturel survient à cause de l’anxiété provoquée par la perte de toutes nos références et de tous nos symboles familiers dans l’interaction sociale ». Ceux-ci incluent les mille et une façons que nous avons de nous situer face aux circonstances de la vie : quand donner la main et quoi dire lorsque l’on rencontre de nouvelles personnes, quand et comment donner des pourboires, comment faire des achats, quand accepter ou refuser les invitations, quand prendre ce que disent les gens au sérieux ou non.
Nos conceptions du monde, nos symboles, nos normes de communication, notre attitude ou encore nos références sont directement liés à notre culture. Ils sont acquis au cours de notre éducation et font partie de notre culture autant que notre langue ou les croyances auxquelles nous souscrivons. Nous dépendons tous de ces centaines de signaux, dont nous ne sommes pas conscients pour la plupart.

Les recherches tendent à démontrer que les individus les plus conscients de la relativité des valeurs culturelles, les individus les mieux informés des différences culturelles et les plus empathiques vivent mieux le choc culturel. Être conscient des différences culturelles permet donc d’éviter les chocs et de réussir une meilleure intégration.Le choc culturel est bien basé sur une notion relative. En effet, chaque expatrié vivra sa mobilité différemment et les notions théoriques restent donc tout à fait relatives aux individus. Mais cette notion est-elle pertinente? Le mieux est d’écouter le témoignage d’un expatrié sur le sujet…


Apprendre de son expatriation par Philippe Pierre par freebits

Le processus d’adaptation

Le processus d’adaptation à une nouvelle culture est un processus qui s’illustre généralement par une courbe en U. Si l’on prend également en compte la période de retour au pays d’origine, on obtiendra alors « 2 courbes en U, donc une courbe en W !

 

Choc_culturel

1. Lune de miel
2. La désillusion puis la crise: le choc culturel
3. La guérison
4. L’adaptation

courbe_en_W

5. Le retour
6. Le choc culturel inversé
7. Le rétablissement
8. La réintégration

 

L’acclimatation des personnes qui changent de culture a lieu généralement en trois phases.

Les premières semaines sont synonymes de perte de repères. Cette perte de repères, associée à la pression et à l’anxiété que génère la nouvelle vie sont autant de freins à l’adaptation de l’expatrié et sa famille. Voilà pourquoi il est important de rassurer l’expatrié en l’informant sur la culture du nouveau pays.

Cependant, la première phase de l’expatriation est le plus souvent davantage chargée d’excitation que de craintes. C’est ce qu’on appelle la « lune de miel », une première phase traversée par les nouveaux arrivants qui est faite d’enthousiasme, de plaisir, d’excitation, voire d’euphorie face à la nouvelle culture. Cette phase ne dure que de deux à trois mois pour la majorité des cas.La seconde phase est le fameux choc culturel. Il s’agit de la perte de repères que nous venons de définir dans notre première partie. Elle dure souvent entre trois et dix-huit mois.Cela se termine par une période d’adaptation appelée « guérison ». Le nouveau devient l’habituel, l’individu devient moins stressé et plus efficace dans son travail.

Pour ceux qui prolongent leur séjour au-delà de deux ou trois ans et pour les immigrants qui changent de pays de façon permanente, le processus d’adaptation continuera pour toute la période de leur séjour ou pour toute leur vie, un peu comme on apprend à se connaître soi-même pendant toute notre vie. Changer de culture, en acquérir une autre, se forger une nouvelle identité culturelle à partir des cultures dans lesquelles on a vécu sont des processus extrêmement lents. La culture n’est pas un manteau qui se met et s’enlève selon le goût et les besoins du moment. Elle fait partie intégrante de l’identité même, même si l’on est très souvent inconscient de tous les traits culturels que nous véhiculons à travers notre façon de se comporter au quotidien.

Choc culturel et retour prématuré

Environ 30 % de ceux qui séjournent dans un autre pays doivent abandonner leur projet par incapacité de s’adapter.
Le choc culturel est donc une notion auquel l’expatrié doit être sensibilisé. Il doit savoir ce dont il s’agit et s’y être préparé. Il s’agit d’un travail sur soi, un travail personnel que devra effectuer le nouvel arrivant.
Un esprit ouvert et une certaine préparation avant le départ seront utiles pour appréhender le choc culturel. Ces qualités font parties des qualités indispensable de l’immigrant.

Après quelques mois dans le pays, on observe plusieurs réactions des expatriés face à la nouvelle culture:

  •  L’assimilation : L’expatrié a assimilé les valeurs et comportements du pays d’accueil.
  • L’intégration et le pluralisme : L’expatrié participe fortement au partage de valeurs d’une culture à une autre.
  • La déculturation : L’expatrié préfère vivre dans les enclaves réservées aux étrangers. De ce fait, il ne connaît que très mal la culture de son pays d’accueil.
  • La séparation : Les valeurs de l’expatrié continuent à se fonder exclusivement sur celles de son pays d’origine. Inconsciemment, il n’y a pas de vrai volonté d’ouverture de sa part.

Une bonne intégration (assimilation ou intégration) favorisera largement le bon déroulement de la mission de l’expatrié.

Aculturation

L’intégration par la langue

La société québécoise tient à préserver et à promouvoir sa langue officielle. Le français est non seulement un instrument de communication essentiel, mais aussi un symbole commun d’appartenance à la société québécoise.Voilà pourquoi l’expatrié qui ne connaît pas la langue française doit faire des efforts pour en faire l’apprentissage afin de s’intégrer dans son nouveau milieu de vie. Même si au sein de l’entreprise, tout le monde parle anglais, il peut être bon que l’entreprise lui finance et l’encourage à prendre des cours de français. Cela facilitera son intégration dans et surtout hors de l’entreprise et ce détail, non des moindres, facilitera sa rétention. En effet, s’il ne parle pas la langue principale, il est possible qu’au bout de quelques mois ou années, il se rende compte qu’il n’est pas si bien intégré à sa société d’accueil et qu’il ait l’impression de ne pas se retrouver dans l’identité québécoise.

Principales langues maternelles au Québec

Population totale 7 435 900
Français 5 877 660
Anglais 575 560
Italien 124 820
Espagnol 108 790
Arabe 108 105
Chinois 44 740
Langues créoles 44 140
Grec 41 850
Portugais 34 710
Roumain 27 180
Vietnamien 25 370
Russe 19 275
Allemand 17 850
Polonais 17 305
Arménien 15 520
Persan (farsi) 14 655
Cri 13 340
Autres 325 030
Source : Statistique Canada, « Population selon la langue maternelle, par province et territoire (recensement de 2006) ».
Alors, apprendre la langue ne pourra qu’être un atout, et ce aussi bien professionnellement que personnellement. Pour commencer, voici un petit guide des expressions québécoises,  celui-ci !

L’intégration par la culture

Il y a de nombreuses façons de s’intégrer à la société canadienne et à son mode de vie. Pour l’expatrié arrivant au Canada, cela peut notamment se faire en apprenant à connaître le pays, ses gens et ses lieux, ainsi qu’en s’efforçant d’en apprendre le plus possible sur la culture de la nouvelle collectivité. Il importe en outre de demeurer ouvert aux nouvelles idées et aux nouvelles expériences, sans pour autant mettre de côté ses propres convictions ou sa propre culture.

Quelques conseils pour les expatriés afin de faciliter leur intégration:

  • Éviter de se surcharger ou de s’attendre à ce que tout fonctionne à merveille. Il est normal qu’une personne vivant dans un nouveau cadre culturel éprouve un certain stress et certaines difficultés.
  • Il faut saisir que le fait de prendre conscience des différences culturelles fait partie du processus d’adaptation au nouvel environnement.
  • Explorer les différences culturelles. Cela aide à éviter les malentendus, à se faire des amis et à se sentir plus à l’aise.
  • Garder contact avec ses amis et sa famille, pour éviter les sentiments de solitude et d’isolement.
  • Faire du bénévolat au sein de sa collectivité (pour le conjoint), ce qui lui permettra de rencontrer des gens et de perfectionner son français ou son anglais.
  • S’inscrire à un cours de français ou d’anglais pour améliorer ses compétences linguistiques.
  • Prendre part à des activités qui nous intéressent : musique, sports, danse, arts, apprentissage d’une langue, etc. S’adresser au bureau local du tourisme pour se renseigner davantage sur les activités ou sur les festivals qui ont lieu dans sa région.
  • L’expatrié qui travaille doit aider le reste de la famille.

Souvent immergé très rapidement dans la culture grâce à son travail, l’expatrié ne doit pas oublier que ce ne sera pas toujours le cas de sa famille, qui en conséquence, connaîtra peut-être un processus d’intégration plus long. L’expatrié devra donc aborder, avec les membres de sa famille, les changements et les défis auxquels ils auront à faire face afin qu’ils puissent, eux aussi, se préparer à leur processus d’intégration au Canada.

 

A propos de Charles-Henry